Jean Pougny
1890 - 1956
Français
Mouvement : Cubisme
Jean Pougny
Jean Pougny, de son vrai nom Ivan Albertovitch Pougny (en russe : Иван Альбертович Пуни), naît le 22 mars 1890 à Saint-Pétersbourg, dans l’Empire russe. Petit-fils du compositeur italien Cesare Pugni, il grandit dans une famille d’origine italienne et artistique : son père, Albert Cesarevitch Pougny, est violoncelliste au théâtre Mariinsky, et sa mère, Lydia Mikhailovna, est issue de la noblesse terrienne russe. En 1910, Pougny séjourne pour la première fois à Paris, où il découvre Paul Cézanne, le fauvisme et le cubisme. Il expose cette même année au Salon des Indépendants. De retour en Russie, il rejoint le groupe d’avant-garde Soyouz Molodioji (« Union de la jeunesse ») et se lie d’amitié avec des figures majeures comme Vladimir Maïakovski et Velimir Khlebnikov. Il épouse la peintre Xenia Bogouslavskaïa. En mars 1915, à Pétrograd, Pougny organise la première exposition futuriste intitulée Tramway V, où il expose onze œuvres cubistes, un relief intitulé Joueurs de cartes (aujourd’hui disparu) et une Nature morte composée d’un marteau suspendu à un clou. Cette exposition fait scandale. Pougny récidive la même année en co-organisant la célèbre exposition 0.10, qui oppose les constructivistes de Vladimir Tatline aux suprématistes de Kasimir Malevitch. Pougny adhère alors au suprématisme et se montre fasciné par les objets du quotidien, les chiffres et les lettres, qu’il libère de leur sens utilitaire pour leur donner une portée artistique. Après la révolution d’Octobre 1917, qu’il soutient avec enthousiasme, il devient professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Petrograd et participe aux projets de décoration révolutionnaire de la ville. Malgré son engagement, Pougny se sent limité par les cadres du suprématisme et cherche de nouvelles voies artistiques. En 1919, Pougny quitte la Russie. Il s’installe d’abord à Berlin, puis rejoint Paris en 1924, où il adopte la nationalité française et francise son nom en Jean Pougny. En 1925, la galerie Barbazanges à Paris lui consacre une rétrospective. À partir des années 1940, il peint des œuvres dans un style plus intimiste, inspiré par Édouard Vuillard. Jean Pougny meurt à Paris le 28 décembre 1956. Son épouse, Xenia Bogouslavskaïa, se consacre ensuite à la préservation et à la diffusion de son œuvre, mais ses publications, bien qu’essentielles, sont entachées d’inexactitudes et d’omissions. Elle rajeunit notamment son mari de quatre ans et omet certains détails de sa biographie, comme son service en tant que fonctionnaire des postes. Aujourd’hui, l’œuvre de Pougny est reconnue comme un jalon majeur de l’avant-garde européenne du XXe siècle. Ses reliefs, ses peintures cubo-futuristes et ses compositions suprématistes marquent l’histoire de l’art moderne. Plusieurs publications, dont le Catalogue raisonné en deux volumes de Berninger et Cartier (1972 et 1992), ainsi que des expositions rétrospectives, rendent hommage à cet artiste novateur, qui a su traverser les frontières géographiques et esthétiques de son temps.

