Zofia Stryjeńska

1891 - 1976

Polonais

Mouvement : Art déco

Zofia Stryjeńska (Cracovie, 1891 – Genève, 1976)

Zofia Stryjeńska naît en 1891 à Cracovie, au cœur de la Galicie alors sous domination austro-hongroise. Dès son plus jeune âge, elle manifeste une passion précoce pour le dessin et la peinture, qu’elle cultive dans une famille ouverte aux arts. En 1911, elle s’inscrit clandestinement à l’Académie des Beaux-Arts de Munich, se faisant passer pour un homme afin de contourner les restrictions imposées aux femmes. Cette audace marque le début d’une carrière exceptionnelle, caractérisée par une indépendance farouche et une créativité foisonnante.

Stryjeńska s’impose rapidement comme une figure centrale de l’avant-garde polonaise des années 1920, notamment au sein du mouvement Art déco et du cercle artistique de la « Jeune Pologne ». Son œuvre, profondément enracinée dans le folklore slave, se distingue par une palette vibrante, des compositions dynamiques et une stylisation des formes qui évoque à la fois la tradition populaire et les influences modernistes. Elle puise son inspiration dans les mythes, les légendes et les rituels païens, qu’elle réinterprète avec une énergie singulière et une sensibilité décorative rare.

Parmi ses réalisations les plus emblématiques figurent les cycles de peintures et d’illustrations consacrés aux « Saisons » et aux « Dieux slaves », ainsi que les fresques monumentales du Pavillon polonais à l’Exposition internationale des arts décoratifs de Paris en 1925. Stryjeńska excelle également dans l’art du livre, la scénographie et le design textile, contribuant à la renaissance de l’artisanat polonais et à la définition d’une identité nationale moderne.

Son style, reconnaissable entre tous, mêle lignes géométriques, rythmes syncopés et motifs ornementaux, témoignant d’une maîtrise virtuose de la couleur et du mouvement. Admirée pour son inventivité et son engagement, elle demeure une figure pionnière de l’émancipation féminine dans l’art, tout en étant célébrée comme « la princesse de l’art polonais ».

Après la Seconde Guerre mondiale, Stryjeńska s’exile en Suisse, où elle poursuit son travail malgré des difficultés matérielles et l’isolement. Elle meurt à Genève en 1976, laissant une œuvre foisonnante, aujourd’hui redécouverte et réévaluée par les historiens de l’art.

F.A.Q :

Quelles sont les œuvres majeures de Zofia Stryjeńska ? Ses cycles sur les « Saisons », les « Dieux slaves » et les fresques du Pavillon polonais à Paris en 1925 sont parmi ses réalisations les plus célèbres.

À quel mouvement artistique appartient-elle ? Stryjeńska est associée à l’Art déco et au mouvement de la « Jeune Pologne », tout en incarnant une synthèse unique entre modernisme et folklore.

Quelle est son importance dans l’histoire de l’art ? Elle est considérée comme l’une des artistes les plus influentes du XXe siècle en Pologne, pionnière de l’art décoratif et de l’émancipation des femmes artistes.

Où peut-on voir ses œuvres aujourd’hui ? Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées polonais, notamment le Musée national de Varsovie, ainsi que dans des collections privées et publiques à l’étranger.

Œuvres de Zofia Stryjeńska

Soif d’amour

Soif d’amour

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