Pinchus Krémègne

1890 - 1981

Français

Mouvement : Expressionnisme

Pinchus Krémègne (Zaloudok, 1890 – Céret, 1981)

Pinchus Krémègne, né en 1890 à Zaloudok (actuelle Biélorussie) et mort en 1981 à Céret, est un peintre et lithographe français d’origine lituanienne, figure majeure de la première École de Paris.

Issu d’une famille juive modeste mais relativement aisée, il est le dernier des neuf enfants de Mevka Jankel et Mirke Krémègne. Très jeune, il participe aux réunions clandestines anti-tsaristes aux côtés de ses frères, avant de poursuivre des études de sculpture à l’Académie des arts de Vilnius. C’est là qu’il se lie d’amitié avec Chaïm Soutine et Michel Kikoine, partageant avec eux le rêve de rejoindre Paris, lieu de tous les possibles artistiques. En 1912, Krémègne quitte clandestinement l’Empire russe et s’installe à Paris, à la Ruche, un foyer d’artistes précaires où il rencontre Modigliani, Chagall, Léger, Lipchitz, Zadkine et bien d’autres.

D’abord sculpteur, il abandonne la sculpture dès 1915 pour se consacrer pleinement à la peinture, influencé par le rayonnisme, le fauvisme et le cubisme. Il expose pour la première fois au Salon des indépendants en 1914. Sa peinture, dense et expressive, s’inspire autant de Cézanne que de Van Gogh, tout en conservant une sensibilité coloriste et une matérialité tactile dans la pâte picturale.

En 1918, sur l’invitation de Pierre Brune, Krémègne découvre Céret. Contrairement à Soutine, qui n’apprécie guère la ville, Krémègne s’attache profondément à ce lieu et y revient régulièrement jusqu’à la fin de sa vie. Il y peint des paysages puissants, des natures mortes vibrantes, et des scènes d’intérieur pleines de lyrisme. En 1923, il épouse Birgit Strömbäck, gouvernante de la famille Nobel, et le couple a un fils, Fred, en 1924. Malgré les épreuves, Krémègne poursuit son travail avec constance : il expose régulièrement en France et à l’étranger, séjourne en Corse, en Suède, en Périgord, en Bourgogne ou encore en Israël.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie à Turenne, en Corrèze, où il survit comme travailleur agricole. À la Libération, il retrouve son atelier parisien et reprend ses activités. En 1960, il se fait construire une maison-atelier à Céret, près de l’ancien couvent des Capucins, et partage son temps entre Paris et le Sud. Krémègne développe un style unique, associant la force expressive des couleurs à une construction rigoureuse des formes, où la nature prend souvent le pas sur l’architecture. Dans ses toiles tardives, il peint aussi des intérieurs intimes, des natures mortes, et la vue depuis son atelier.

Il meurt à Céret en 1981, laissant derrière lui une œuvre riche et singulière, encore trop souvent éclipsée par la renommée de son ami Soutine, mais aujourd’hui reconnue pour sa force expressive et son originalité. Ses œuvres sont conservées dans de nombreuses collections publiques à travers le monde, et notamment au musée d’art moderne de Céret, qui lui consacre un important ensemble.

Œuvres de Pinchus Krémègne

Nature morte aux poissons et aux coquillages

Nature morte aux poissons et aux coquillages

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Cagnes sous le soleil

Cagnes sous le soleil

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Céret, intérieur de village

Céret, intérieur de village

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Portrait de Madame Krémègne à la Ruche

Portrait de Madame Krémègne à la Ruche

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Rue à Montmartre

Rue à Montmartre

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